Les courants du Judaïsme

Publié le par Cédric FRUHINSHOLZ

Judéens, Samaritains, Pharisiens, Saducéens, Karaïtes, Orthodoxes, Ultra-orthodoxes… Il existe tout un éventail de courants dans le Judaïsme, certains plus connus que d’autres, et il est facile de s’emmêler les pinceaux ! Voilà alors un petit résumé des principaux courants du Judaïsme, de la Diaspora Babylonienne à nos jours.

 

L’ensemble des courants peut être classé en 3 catégories : les courants historiques, le Judaïsme rabbinique et les Karaïtes.

Il est intéressant d’ajouter avant cela une précision quant aux deux termes Ashkénazes et Sépharades. Ce ne sont pas à proprement parler des courants du Judaïsme, mais on parlera plus de branches du Judaïsme. Cette distinction date du Moyen Âge, après la destruction du Temple et de la Judée par les Romains et la dispersion massive des Juifs. Il y avait donc d’un côté les Ashkénazes, du Nord et de l’Est de l’Europe, et de l’autre les Sépharades, de la péninsule ibérique et du bassin méditerranéen. A partir de là il y a eu des dispersions de ces deux branches vers les Pays-Bas, l’Angleterre et jusqu’aux Etats-Unis. Mais leur différence est aussi grandement liturgique (notamment la prononciation des prières, etc.). Une autre branche connue est celle des Yéménites, c’est-à-dire les Juifs venant du Yémen et plus généralement de la pointe sud de la péninsule arabique.

 

 

1. Les courants historiques

 

La première division des Israélites date de la fin de l’exil en Babylone. C’est là qu’apparaissent d’un côté les Judéens (les Juifs) et de l’autre les Samaritains. Ces derniers se sont écartés de la foi de leurs Pères en y incluant des pratiques païennes assimilées pendant l’exil, en reniant la souveraineté de Jérusalem (ils se réunissent sur le Mont Garizim et y construisent leur temple à l’image de celui de Jérusalem) et en rejetant tous les livres des Prophètes, puisque selon eux, Elie est à l’origine du schisme. Leurs écrits comprennent alors le Pentateuque ainsi que le livre de Josué, auxquels ils rajoutent leurs propres « Chroniques ». Une autre grande différence est qu’ils n’acceptent pas la « Loi Orale », ni l’interprétation de la Torah telle qu’elle existait à l’époque. Il existe actuellement en Israël environ 700 Samaritains, à Holon et Naplouse.

Flavius Josèphe (37-100 ap. J-C) est un célèbre et important historien à l’époque du Second Temple. Il nous rapporte qu’il existait alors 4 « sectes juives » issues des Judéens. Les Pharisiens (scribes et spécialistes de la loi, principalement laïcs) s’opposent aux Sadducéens (Prêtres de Jérusalem) en reconnaissant entre autres leur propre tradition orale en plus du Tanakh (Ancien Testament) quand ces derniers n’acceptent que la Torah (Pentateuque). Les Pharisiens croient également en la Souveraineté de Dieu et la providence divine dans la marche du monde, la résurrection des morts, l’immortalité de l’âme et un jugement dans un « monde à venir ».

Il y avait également les Esséniens, prêtres et laïcs séparés du Temple de Jérusalem, situés sur les rives de la Mer Morte. Ce sont les plus complexes à étudier car leur groupe est très fermé, monastique, composé d’érudits, « purs entre les purs ». Leur enseignement ésotérique ne se transmet qu’aux initiés.

Il y a enfin les Zélotes, considéré comme un courant violent, car ils luttaient alors contre le pouvoir Romain. Ce sont des Juifs très pratiquants, activistes politiques qui refusent de payer l’impôt à Rome, et qui défendent la Terre d’Israël contre ses occupants.

La liste continue avec par exemple les Nazaréens, Sicaires, Boethusiens, Ebionites, Issawistes, etc.

 

 

2. Le Judaïsme Rabbinique

 

Il est issu du Judaïsme Pharisien et est considéré, à partir du IIème siècle, comme la norme. Il représente aujourd’hui le courant grandement majoritaire, même s’il est lui-même divisé en plusieurs grandes tendances. Leurs différends se situent souvent autour de la « Halakha » qui est l’ensemble des lois, sentences et prescriptions religieuses qui règlent la vie quotidienne des Juifs, ainsi que la Torah Orale (Talmud). Les « Réformés », majoritairement aux Etats-Unis, en nient l’origine divine, même s’ils acceptent qu’elle ait pu être« inspirée » par Dieu. La Halakha a donc peu d’importance face au « monde moderne », mais il leur est toutefois demandé de respecter certaines pratiques fondamentales Bibliques. Il y a ensuite les « Massorti » ou « Conservateurs », également en grande partie aux USA, qui reconnaissent au Talmud une importance et une autorité morale, mais qui ne le suivent pas aussi strictement que les Orthodoxes et Ultra-Orthodoxes.

Il y a donc enfin le Judaïsme Orthodoxe pour qui la Halakha est un concept fondamental. Selon les sociologues israéliens, les Orthodoxes, comme les Ultra-Orthodoxes, ont une pratique religieuse très stricte, mais si les premiers conservent une certaine immersion dans le monde moderne, les « ‘Haredim » (Ultra-Orthodoxes) ont eux, une forte volonté de séparatisme social (propre style vestimentaire, quartiers et institutions spécifiques, etc.). Le terme « ‘Haredim », littéralement « les trembleurs », sous-entendu « trembleurs devant Dieu » l’illustre d’ailleurs bien : ils sont « terrifiés » à l’idée de violer un seul des 613 commandements, d’où leur écart d’avec la société.

Au sein de ces derniers nous retrouvons les « ‘Hassidim » qui insistent particulièrement sur la communion joyeuse avec Dieu, en particulier par le chant et la danse (les Loubavitch, les Breslav, etc.), auxquels s’opposent  les « Mitnagdim », littéralement « opposants » qui leur reprochent leur « joie de vivre » qu’ils jugent incompatible avec l’étude de la Torah.

 

 

3. Les Karaïtes

 

Ils sont les opposants directs du Judaïsme Rabbinique. C’est un courant Scripturaire que l’on date du 8ème siècle, même si eux-mêmes déclarent remonter à l’époque du Second Temple (voire du Premier). Ils se distinguent par le rejet total de la Tradition/Loi Orale qu’ils jugent entièrement humaine et non divine. En effet leur unique référence est le Tanakh, c’est-à-dire l’Ancien Testament, et leurs lois se limitent donc à la Loi de Moïse. Une seconde différence est qu’ils pratiquent « l’exégèse personnelle », c’est-à-dire qu’ils refusent de se soumettre aux enseignements d’anciens, « sages » ou Rabbins, s’ils ne sont pas d’accord ou surtout si cela s’éloigne trop du sens évident des textes Bibliques. Il n’est donc pas forcé de se lier à un Rabbin comme guide, selon le principe du Judaïsme Rabbinique « la foi dans les Sages » (Emounat ‘hakhamim). A côté de cela, il existe des différences dans les rituels, la liturgie, le calendrier (entièrement lunaire), etc.

Ils seraient actuellement environ 30.000 dans le monde, dont 20 à 25.000 en Israël.

 

 

Mais au-delà de ces différences, il est important de relever un point commun entre ces courants d’aujourd’hui, et que nous partageons, nous chrétiens, avec eux : c’est cette même espérance que le Messie vient, qu’Il est proche et qu’Il va restaurer son Autorité sur la Terre pour nous apporter la Paix éternelle ! Amen.

Publié dans Israël en détail

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Commenter cet article

mehdi mountather 07/05/2017 12:44

Au pape François aux chrétiens aux juifs et aux bouddhistes de se convertir a l’islam le 7 Mai 2017 pour éviter l'extermination de leurs pays par ces punitions d'ALLAH les séismes plus 7 tsunami volcan grondement engloutissement les inondations feu de forêt les météorites les foudres les tornades grêlon aucune religion n'est valable après l'islam la preuve ce Verset dans le Coran ALLAH dit ( Quiconque recherche en dehors de l’islam une autre religion, celle-ci ne sera point acceptée de Lui , et dans l’autre monde, il sera du nombre des réprouvés.) Verset 85 Sourate Al-i’Imran merci.

Israel 08/06/2009 01:34

Merci pour cet article édifiant et assez complet, qui donne à réfléchir.
Edith

Israel 19/04/2009 14:15

Shalom et merci pour l'article
David