Israël, Juifs et Arabes

Publié le par Cédric FRUHINSHOLZ

Récemment, lors de l’attentat de la Yeshiva du Merkaz Harav, il s’est avéré que le terroriste arabe était porteur d’une carte d’identité bleue, c'est-à-dire de l’identité israélienne. On nous parle dans les médias de Juifs et d’Arabes Israéliens, de Druzes, d’Arabes Chrétiens, de Palestiniens, etc… Que représentent-ils ? sont-ils tous citoyens Israéliens ?

 

D’une manière générale, la population israélienne s’élève aujourd’hui à 7.230.000 habitants, comprenant 5.477.000 Juifs, 1.438.000 Arabes, et 315.000 « non-juifs », c'est-à-dire enregistrés comme chrétiens non-Arabes ou sans religion. Israël est devenu indépendant le 14 mai 1948 au titre officiel d’Etat juif et démocratique, et toute personne vivant sur ce territoire à ce moment donné, Juif, Arabe ou autre résident, est alors devenu officiellement Israélien. Depuis cette date, chaque Juif qui le désire a le droit de venir s’installer sur cette terre et d’en obtenir la citoyenneté, ainsi que certains Arabes, principalement pour des raisons de regroupement familial.

 

La majorité des Arabes Israéliens actuels sont donc les descendants directs des 150.000 Arabes qui restèrent dans les frontières de l’Etat Hébreu pendant et après la guerre d’Indépendance de 1948. Ils sont citoyens à part entière de l’Etat d’Israël et bénéficient d’une protection égale devant la loi ainsi que des mêmes droits que leurs concitoyens juifs (représentation à la Knesset, élire et être élu, etc.) :

 

« (L’Etat d’Israël) assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture ; il assurera la sauvegarde et l’inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations Unies ». (Extrait de la Déclaration d’Indépendance)

 

La langue arabe est la langue officielle au même titre que l’hébreu. L’unique différence entre les citoyens Arabes et les citoyens Juifs est que l’enrôlement dans l’armée israélienne ne leur est pas obligatoire (aux Arabes), mais ils peuvent y servir volontairement. Cette population Arabe est composée, d’un point de vue religieux, de 83% de musulmans (incluant les bédouins, 170.000), 9% de Druzes et 9% de Chrétiens.

 

Parlons maintenant de la particularité de Jérusalem, entre autres. Y vivent actuellement 220.000 Arabes, soit à peu près 33% de la population Yeroushalmite. Seulement, 95% d’entre eux ne sont pas citoyens de l’Etat d’Israël. Alors que sont-ils ? Ils sont décrits comme « Palestiniens de Jérusalem » et vivent dans les quartiers de Jérusalem-Est. Ils sont titulaires du statut spécial de « Résident permanent de l’Etat d’Israël ». Cette carte d’identité leur permet de vivre et travailler librement dans le pays, d’avoir droit aux caisses d’assurance nationale et médicale et de voter aux élections municipales mais non nationales. Cela date de la Guerre des Six Jours (1967). Entre 1948 et 1967, la région de Judée-Samarie dont fait partie Jérusalem (qu’on nommait Al Qouds, en arabe) se trouvait sous autorité jordanienne. Et dans cette ville jordanienne de Jérusalem vivaient 68.000 Arabes, citoyens jordaniens également. A la fin de la guerre, cette région est passée sous contrôle israélien, et c’est à ce moment-là que l’identité israélienne leur a été proposée, sans pour autant annuler leur propre passeport Jordanien. Mais la plupart ne l’ont pas demandée et sont alors restés avec ce statut de « résident permanent ».

 

A côté de cela, il y a le problème irrésolu et complexe des réfugiés palestiniens. Mais cela fera l’objet d’un nouvel article.

 

Voilà donc un résumé de qui est qui en Israël. Il y aurait bien sûr beaucoup plus à dire, et c’est bien souvent plus compliqué que cela, mais j’espère que ça vous donne une première idée de la situation.

Publié dans Israël en détail

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